Agathe Feoux : vendeuse de zen

Une enquête ANACT/CSA stipule que le stress touche 4 actifs sur 10. Et elle en nette augmentation. Dans cette voie pour la plénitude, la sophrologie fait partie des médecines de demain. Agathe Feoux l’a bien compris. Zoom zen.

Quelle est la plus-value d’une médecine parallèle  sur la médecine allopathique ?
Agathe Feoux: « Je ne suis pas là pour faire l’apologie d’une médecine ou d’une autre. Je pense que les 2 sont complémentaires. La médecine allopathique s’est imposé en occident comme modèle unique depuis le XIX grâce à ses progrès considérables : anesthésie,  vaccinations, antibiotiques et il ne faut pas oublier qu’elle continue de sauver des vies chaque jour. Mais aujourd’hui, il lui arrive de montrer ses limites. Je trouve qu’elle a tendance à déshumaniser le patient, qu’elle ne s’adresse souvent qu’a son corps et non à la personne dans sa globalité. Les médecines parallèles, ont-elles, pour la plupart, une approche holistique. Cela signifie qu’elles vont considérer l’être humain comme un tout. On ne va pas être qu’un corps souffrant ou un esprit malade. Notre histoire, les aspects de notre vie sociale, nos émotions, nos pensées constituent, avec le corps ce tout. Les médecines alternatives offrent une plus large réflexion sur le bien être, la vie, l’univers etc.. et sont généralement utilisées de manière préventive. En France 40 % de la population a recours à ces médecines alternatives. »

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Qu’est ce que la sophrologie ?
Agathe Feoux: « On peut dire que c’est la science du positif, de l’esprit harmonieux. Elle a été crée par un psychiatre espagnol qui s’est inspirée de plusieurs techniques orientales et occidentales. Il a pris un shaker, il a mélangé tout ça et ca a donné la sophrologie. C’est une méthode psychocorporelle, c’est a dire qu’on va travailler sur le corps pour apaiser l’esprit et libérer nos émotions. En sophrologie on est centrée sur l’action présente, on s’intéresse davantage au « comment » de la personne qui consulte, qu’au pourquoi. C’est un métier d’aide à la personne, qui lui permet de développer ses compétences et ses capacités personnelles, de chercher les valeurs qui l’animent et d’améliorer l’existence quotidienne de ceux qui la pratiquent. Elle permet notamment de réduire stress et anxiété, de gérer la douleur et certains événements difficiles de la vie. »

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Qu’est ce qui t’a amené à faire de la sophrologie ?
Agathe Feoux: « Pendant 10 ans j’ai évolué dans les milieux du journalisme et du cinéma, jusqu’au jour ou j’ai ressenti le besoin d’un changement radical. Un besoin de plus stabilité, de sincérité et donc une meilleure connaissance de moi même. C’est à ce moment là que j’ai rencontré la sophrologie et que j’ai eu envie de me lancer dedans. »

Qu’est ce que ça a changé dans ta vie ?
Agathe Feoux : « Après ma formation à l’académie de sophrologie de Paris qui a duré plus de 2 ans, j’ai vraiment vu un avant/ après. Je suis beaucoup plus patiente dans mon quotidien, j’ai un bien meilleur rapport au stress, à l’anxiété. Et j’ai l’impression d’avoir atteint un bien meilleur niveau de calme et d’apaisement »

Cette pratique s’adresse -t elle à certaines personnes? Et penses-tu que tout le monde devrait en faire ?
Agathe Feoux: « La sophrologie a ce pouvoir, qu’elle s’adresse à tous. Enfants, ado, adultes, personnes âgées, en bonne santé ou non, voir même dans des grandes situations de détresse. Je connais des praticiens infirmiers anesthésistes qui proposent la sophrologie chaque jour dans les hôpitaux en remplacement de certains produits. Je travaille aussi depuis peu avec des personnes qui ont la maladie de parkinson. Et j’apprends comment ils utilisent la sophrologie pour s’évader ou s’apaiser rien qu’un instant. Ce qui est bluffant avec cette thérapie c’est qu’on est acteur de son bien être. Je donne des clés aux patients pour aller mieux et se faire du bien. Ils acquièrent une autonomie dans ce mieux-être. Contrairement au traitement médicamenteux qui est souvent subit, quelque soit son efficacité, ici, le patient reprend le pouvoir.
Oui je pense donc que tout le monde devrait faire de la sophrologie, du moins ceux qui le souhaitent. Effectivement, comme pour n’importe quelle thérapie, le patient doit se sentir prêt à être demandeur et acteur pour une bonne efficacité. »

Quel est le sens que tu donnes à tout ça ? Dans ton mode de vie, au quotidien ?
Agathe Feoux : « J’essaie d’être au maximum ok avec moi même, même si parfois ce n’est pas simple. Je médite tous les matins 20 min et ca m’aide beaucoup. C’est ma gym à moi. Je muscle mon cerveau, j’apprends à orienter mes pensées, à les sélectionner de la même façon que certains choisissent leurs vêtements tous les matins. Travailler sur ce pouvoir qu’est l’esprit, c’est la seule chose que j’essaye de contrôler. »

Qu’est ce que la mindfulness?
Agathe Feoux: « La méditation de pleine conscience consiste à être attentif à ce qui se passe dans l’instant présent, sans passer par le filtre du jugement.Elle peut intervenir dans n’importe quelle situation. Il s’agit de cultiver la conscience de l’esprit et du corps, et de vivre dans l’ici et le maintenant quel que soit ce que l’on vit. La méditation n’implique pas d’essayer d’aller quelque part ou de sentir quelque chose de spécial. Elle implique plutôt de s’autoriser à être là où on est déjà, de nous familiariser davantage avec ce que l’on vit
instant après instant. »
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Justement tu as décidé de te former pour devenir instructeur en Mindfulness du programme MBSR (Mindfulnessbased
stress reduction), en quoi consiste cette pratique, qu’est ce que tu y vois d’important pour toi?
Agathe Feoux: » Je serai en mesure de proposer un programme de 8 semaines scientifiquement validé pour soulager le stress et gagner en sérénité.
Ce programme a été crée par Jon Kabat-ZinnProfesseur de médecine qui a fondé la clinique de Réduction du stress et le centre pour la pleine
conscience en médecine de l’université médicale du Massachusetts. Il consiste notamment en une série d’exercices de respiration, de mouvements corporels, de communication et d’attention dont les supports sont les perceptions, les émotions et les pensées. Le programme privilégie le mode « être » plutôt que le mode « faire », c’est une sorte d’éducation pour apprendre à prendre soin de soi. A la base ce programme a été conçu pour réduire le stress dû à la maladie, aux douleurs chroniques, aux traitements pénibles. Peu à peu, cette méthode à évolué vers l’amélioration de la qualité de vie de tout à chacun. On dépense une énergie folle en se raccrochant au passé, et à s’inquiéter du futur. La mindfulness nous rééduque dans le sens ou elle nous donne la possibilité de vivre pleinement, et au présent. Elle n’est pas la
réponse à tous les problèmes de la vie. Mais un esprit clair et apaisé permet les identifier, et de commencer à travailler dessus. »

Comment tu imagines la sophrologie dans 10 ans ?
Agathe Feoux: »Je pense que la sophrologie a de beaux jours devant elle. Elle est là, ses techniques sont validées, ses protocoles sont prêts. De plus en plus d’écoles utilisent des protocoles de sophrologie pour aider les enfants mais aussi les enseignants à se concentrer, à se détendre. Les hôpitaux eux aussi utilisent ces techniques pour soulager les patients ou les préparer à certains actes. J’espère qu’elle arrivera à s’étendre là ou on en aura le plus besoin. Notamment dans le milieu carcéral ou les moyens sont limités. »

Est ce que certains ouvrages t’ont aidés à pénétrer ce
mode de vie ?
Agathe Feoux : « Le premier livre que j’ai lu il y a quelques années et qui a été mon livre de chevet est « les 4 accords toltèques ». C’est un peu la base de ma pyramide ! Il m’a donné envie de travailler avec moi et m’a permis de découvrir qu’une autre vision de la vie et de soi était possible. Ma bible : le manuel complet de réduction du stress de Jon Kabat-Zinn, « Au coeur de la tourmente » mais c’est un pave donc faut pas se décourager.
Et il y a un an j’ai découvert un livre qui a été un coup de coeur énorme : il s’appelle « Seul meurt la peur » de Barry Long. Il contient plusieurs essais sur les causes de la souffrance et du désespoir qui font croire à l’homme que la vie est un enfer et nous explique comment guérir de ces croyances. »
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Est ce qu’il y a des gens qui t’inspirent dans ce domaine ?
Agathe Feoux: « Je suis fan de Christophe André que j’ai eu la chance de rencontrer. Il m’inspire énormément par sa douceur, son amour des autres et son approche. J’aurais aimé être capable de faire médecine il y a 15 ans et d’apprendre à ses cotés. La psychiatrie française a besoin de plus de gens comme lui. Matthieu Ricard aussi, car il a permis à l’aide d’imageries cérébrales de prouver à travers les neurosciences que les exercices intensifs de méditations permettaient de soutenir l’attention et d’améliorer la vigilance cérébrale. Jon Kabat-Zinn of course. Thich Nhat Hanh, Arnaud Desjardins, Deepak Chopra, Byron Katie, Osho, Rumi. Et tellement d’autres, la liste pourrait être très longue ! Honnêtement je rêve en secret de vivre avec un de ses maitres pour qu’il m’apprenne tout ! Mais mon mari n’est pas super chaud. Il a peur que je ne revienne pas. »

Comment se passe une de tes séances ?
Agathe Feoux: « Je commence toujours par mettre mes patients à l’aise, je leur propose un thé ou quelque chose à boire. On commence ensuite à discuter des raisons qui l’ont poussé à venir. La première séance étant toujours un peu plus longue parce que la personne m’explique son histoire et ses attentes. Ensuite, on met en pratique des techniques de sophrologie, le patient est généralement assis, les yeux fermés et il va se laisser guider par ma voix. Il va faire des techniques de respirations, de relaxations, aller à la rencontre d’images qui lui font du bien. Chaque technique est
adaptées à sa situation, et on termine avec un debrief que l’on appelle en sophrologie, phénodescription ou l’on va décrire les phénomènes ressentis au cours de la séance. »
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Est ce que tu penses que le contenu de notre assiette a un rôle autant sur notre santé physique que mental? Et pourquoi?
Agathe Feoux: «  A fond ! On sait maintenant que le ventre est notre deuxième cerveau. Il contient 2 cent millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des infos avec notre tête. On découvre que notre deuxième cerveau joue avec nos émotions ! Donc si on est ce que l’on mange autant faire attention. « Que ton aliment soit ton seul médicament » disait Hippocrate »

-Donnes moi 5 conseils pour améliorer ton quotidien ?
Agathe Feoux: « 
Ça ne va pas être très original, on sait tous au fond de nous ce qui est bon pour nous la difficulté réside dans le fait de l’appliquer. Et régulièrement ;-) On sait qu’a partir de 21 jours notre cerveau créait une
habitude.
1- Dormir minimum 7 ou 8h
2- Donner une intention positive à sa journée comme par exemp
le décider qu’aujourd’hui on fera de son
mieux.
3- Méditer 5 à 20 min
4- Bien Manger :3 repas par jour, des produits sains et boire 1l minimum
5- Trouver 3 choses de notre journée pour lesquelles on ressent de la gratitude, remercier et éteindre la
lumière. Un sourire, un fruit, une bonne nouvelle,un rayon de soleil. »

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