Léa Chassagne questionne l’éternel féminin

Au fond de la slow galerie dans le coeur du 11 ème arrondissement de Paris siège une salle d’une autre dimension où des nouveaux mythes tapissent les murs. Ce nouveau monde collé et photoshoppé propose une nouvelle vision de la femme, une femme décomplexée, assumée dans une nature luxuriante et futuriste. 
Derrière ces collages numérisés, une artiste en chair et en sympathie Léa Chassagne qui présente sa nouvelle exposition  » Eternel féminin. »
Interview accompagné de mais grillé et de sourires brillants.

La pudeur

Quel est ton parcours?
Léa Chassagne: « Originaire de Paris, Bac ES en poche, je me tourne vers le graphisme et l’illustration. J’ai la chance de rentrer chez LEG Agency, agence de publicité filiale de chez Havas, comme stagiaire puis comme directeur artistique. Ils faisaient beaucoup de collages, c ‘était très drôle et ça ne ressemblait pas vraiment à de la publicité et c ‘est là que j’ai appris photoshop. Je commençais donc à me faire un petit book d’illustrations, le soir et le week end. J’ai donc démarché des agents d’illustrateurs. J’ai rencontré Michel Lagarde, qui a pu créer illustrissimo. Et a partir de ce moment là, j’ai eu des commandes pour la presse, pour l’édition. »

La baigneuse

Quel est ton processus de création/ tes sources d’inspirations?
Léa Chassagne: « Je réalise mes paysages en collage numérique (avec photoshop donc) Le collage permet de mélanger l’histoire et les matières pour créer des paysages nouveaux. Les canons de beauté de la renaissance sont projetés dans des jungles où décorés de pixels et de références bibliques côtoient les planètes imaginaires et les cadillac. Chaque image utilisée enrichie le dessin de part son histoire et détourne les autres éléments du collage de leur sens premier. C’est une seconde vie qui est donné aux images. Toutes les ressources de toutes les époques sont envisageables : peinture, photos, 3D, peinture numériques, gravure… Mes influences aussi sont très vastes : cela passe par le Douanier Rousseau, Jean Paul Goude, la dernière coupe de cheveux de Rihanna ou les références bibliques. Une fois que j’ai créé mes associations d’images je travaille le collage pour que tous les éléments s’harmonisent et inventent un monde merveilleux qui n’appartient à aucune époque et aucun lieu. Je réinvente des mythes, je détourne des jardins d’Eden pour insuffler un peu de merveilleux dans mon quotidien. C’est ma manière de m’échapper. ».

Vallée d’amour

Pourquoi la femme est un thème central de ton art?
Léa Chassagne: « C ‘est un sujet actuel qui recoupe toute la pige d’image sur laquelle je travaille en ce moment. De manière inconsciente, les femmes sont aux premières loges de mes oeuvres.. J’ai voulu gratter et comprendre ce que cela voulait dire. En me plongeant dans mes références, musique, cinéma, arts, j’ai pu tout recouper avec cette idée de l’éternel féminin.
C ‘est une vison idéalisé de la femme qui inspire les mouvements artistique.
De l’Ève originelle à Marie-Madeleine, d’Hélène à Iseut, de la Charlotte de Werther aux Muses de Musset, jusqu’à la Nadja d’André Breton, la femme, enfin devenue libre est un objet de mystère pour moi. Elles troublent leur monde et fascinent, cette énigme de l’éternel féminin n’a cessé d’inspirer les nombreux artistes qui l’ont exploré. Désir de transcendance ? Aspiration divine ? Bonheur éternel ? Y’a pas d’époque, y’a pas de lieu, rien n’est figé.Le challenge c ‘est toujours de croiser le fond et la forme. C ‘est ce que j’essaye de restituer en ne limitant pas ma création. »

Jusqu’au 3 juin à la SLOW galerie, 5 Rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris