Mathilde Denize, l’art de rien

Qu’est-ce qui t’as amenée à faire de l’art ?
Mathilde Denize: « Certainement une nécessité. Un rapport au monde qui passait par ce biais-là. En tout cas chez-moi via l’objet tout d’abord. Je l’utilise comme langage. »

Comment décrirais- tu ton travail ?
Mathilde Denize : « l’économie de moyens, la religiosité du quotidien, l’importance des petites choses, l’archéologie contemporaine. L’acte de fouiller, de faire ressortir, de transformer. C’est assez symptomatique du moment: l’archéologie du souvenir, le monde réel qui disparait, le retour à la terre, la question de l’origine. Depuis toujours et chez certains artistes aujourd’hui ce sujet est présent. Ce sont mes questionnements.”

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Est-ce que tu penses faire partie d’un mouvement ?
Mathilde Denize : «  Aujourd’hui les artistes sont assez segmentés je trouve, tout le monde est au courant très vite des nouvelles productions de chacun, mais il n’y a pas de mouvements particuliers, nommé, écrit, il n’y a pas de manifeste! En revanche les artistes se regroupent pour former des forces et se soutenir, à travers des lieux et des façons de penser l’art. »

Comment verrais- tu évoluer ton travail ?
Mathilde Denize : « J’ai envie d’utiliser en majorité le médium de la sculpture, du regard de ce qui reste, un travail anthropologique. Le hasard travaille mieux que moi, mais il y’a de plus en plus une évidence qui se fait dans les choix dans une certaine donnée de matériaux. Aujourd’hui il faut avoir une pensée. Faire avec peu. Et donner un sens aux choses. Ne pas engager des moyens colossaux pour faire de l’art. Je ne m’inscris pas dans la politique du gigantesque, dans le genre Anish kapoor,  je n’en ai pas trouvé la nécessité pour le moment.  »

Tes inspirations ?
Mathilde Denize : « Dans mon panthéon : Arp, Schwitters, Filliou, Broodthaers, Brancusi, Beuys. Très jeune, j’ai été touchée par le travail des surréalistes. Cette joyeuse approche du monde, cette transformation du quotidien, les retournements de situation! J’ai aimé leurs œuvres ludiques et poétiques. Ça m’a beaucoup inspirée. »

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Comment se découpe ton travail, ton processus de création ?
Mathilde Denize : « Je vais te décrire une des dernières expériences, aventures , accidents qui illustre bien la façon dont je fonctionne. L’histoire d’un moulage d’une main de femme, où il manquait l’annulaire, qui était posé à côté. J’ai pris le tout et j’ai posé cette main au milieu des autres installations qui peuplent mon lieu de vie. Elle est restée là pendant un an,  j’ajoutais des détails, des petits objets, qui parfois reste et parfois non. Et puis un jour j’ai compris : A l’endroit du doigt cassé,accroché au morceau restant,  il y a une bague qui représente deux mains qui se lient et s’entremêlent. J’ai rajouté deux clés de châssis. Dans une folie inconsciente, je mets en scène des objets que je trouve dans la rue et la chose reste. Cette œuvre s’appelle aujourd’hui Hand me down, en anglais ça veut dire « de seconde main ». D’une part pour faire le lien avec les deux mains entremêlées et ensuite pour rappeler que je transforme à partir de choses déjà existantes. Cette sculpture était exposée à la galerie Polaris, à l’occasion de l’expostion « SCULPERE ».

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Qu’est ce que tu utilises comme matériaux / couleurs?
Mathilde Denize : «  Pour les matières, on est dans le bois, le plâtre, la pierre, les bleus, les mastics, toutes les couleurs de mastics. Couleur cages d’escaliers, lavabos, les vieux gris, les vieux bleu gris, des vieux verts, beaucoup de vieux… ! »
Ta devise?
Mathilde Denize: « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible » Paul Klee
Ton actu?
Mathilde Denize:  » J’ai candidaté pour la villa médicis pour 2016/2017, suspens! Et en attendant d’autres projets, je travaille tout les jours dans mon atelier. »

Mathildedenize.fr

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